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Femmes en francophonie

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Dans le cadre de la Semaine de la langue française et de la francophonie (SLFF 2026), le Dictionnaire du Jura (DIJU) met en lumière des femmes qui ont marqué leur temps et dont les parcours reflètent la diversité sociale, culturelle et professionnelle de la région. Cette série invite à découvrir la richesse de ces trajectoires et à mieux comprendre les réalités de leurs époques.


Le Jura a donné des ambassadrices de qualité à la langue française, parmi lesquelles de nombreuses femmes de lettres. Le nom de Jeanne-Fell Doriot, journaliste disparue il y a plus de vingt ans, continue d'alimenter la littérature régionale à travers la remise biennale de bourses de création et de recherche. Parmi les écrivaines, on trouve également de nombreuses militantes féministes, à l'instar de Guite Theurillat, qui fut notamment membre de l'Association féminine pour la défense du Jura (AFDJ) et collaboratrice auprès du Bureau de la condition féminine de la République et Canton du Jura (RCJU), ou encore de Marguerite Gobat, qui a activement participé, au début du XXe siècle, aux débats sur les droits et la place des femmes en Suisse et à l'international. Nombre de plumes féminines ont également vu leur travail être primé : Bernadette Richard, Sylviane Chatelain et Françoise Matthey en sont quelques-unes, sans oublier Elisa Shua Dusapin, figure d'une nouvelle génération d'autrices à laquelle compte également Myriam Wahli. Pour terminer ce tour d'horizon des écrivaines, jouons un peu : savez-vous qui se cache derrière les pseudonymes de Cyrille et de Gabrielle Faure ?


La francophonie est également un monde de pionnières, dont les trajectoires incarnent la présence des femmes dans des secteurs traditionnellement masculins. En 1960, l'Institut jurassien des sciences, des lettres et des arts (IJSLA) élit une femme pour la première fois en la personne de Marguerite-Yerta Méléra. En 2002, Liuba Kirova est la première récipiendaire du Prix des arts, des lettres et des sciences de la RCJU. Le sport n'est pas en reste, avec des figures comme Nicole Petignat, cumulant plusieurs « premières » dans le monde du football.

Côté politique, sphère dans laquelle les pionnières sont évidemment nombreuses, on peut penser à Chantal Bornoz Flück, première femme francophone présidente du Grand Conseil bernois, à Liliane Charmillot, première femme présidente du Parlement jurassien, à Marie-Madeleine Prongué, première jurassienne à siéger au Conseil des Etats, et bien sûr à Elisabeth Baume-Schneider, première personnalité jurassienne à siéger au Conseil fédéral. Le document illustrant la présente notice consacre lui aussi une « première » : il s'agit du discours prononcé à la Fête du peuple jurassien de 1964 par Suzette Grimm, première femme à prendre la parole à la tribune et première présidente de l'AFDJ.

Le saviez-vous ? De 1988 à 1999, à l'initiative du Gouvernement jurassien, a été délivré le Prix Vive les Pionnières, une distinction récompensant une femme ayant complété son apprentissage dans une formation jusqu'alors représentée uniquement par des hommes. Parmi celles-ci, on retrouve notamment Claudine Mesnil, première femme à obtenir le brevet fédéral de peintre automobile. Outre les lauréates de ce prix, le monde professionnel compte de nombreuses précurseures, à l'instar de Blandine Bregnard, première romande à obtenir le diplôme fédéral de banque, et Giselle Rufer, première diplômée en informatique de l'Ecole d'ingénieurs de Bienne. Comme cette dernière, plusieurs personnalités montrent un parcours entrepreneurial exceptionnel. Dans le secteur industriel, on retrouve notamment Betty Fiechter (Blancpain/Rayville), Lore Peter-Sandoz (Bulova), ainsi que Thékla Piquerez (Thécla SA).


Les biographies exposées jusqu'à présent ont essentiellement été glanées aux XXe et XXIe siècles. Evidemment, les trajectoires féminines des siècles précédents nous en apprennent beaucoup sur leur époque. Au XVIIe siècle, parmi les victimes des procès de sorcellerie, on trouve notamment Magdeleine Guenat, exécutée en 1670, dont l'histoire offre un aperçu des réalités sociales et judiciaires de son temps. Au chapitre des destins singuliers, le XVIIIe siècle a vu se déployer la vie de Sybille de Dietrich, observatrice de la Révolution française, tandis que la Biennoise Maria Margaretha Wildermeth fut distinguée par la cour impériale de la Russie francophile du XIXe siècle.


Les quelques dizaines d'articles exposés ci-dessus ne sauraient être représentatifs de la richesse du DIJU et de ses milliers de notices, et encore moins de celle des parcours féminins de notre région. A travers cette publication et les diverses actions menées dans le cadre de la Semaine de la langue française et de la francophonie 2026, le DIJU souhaite inviter son lectorat à naviguer de notice en notice au gré de son intérêt, et à redécouvrir des trajectoires chargées d'histoire.

Auteur·trice du texte original: Philippe Hebeisen, Luc Vallat et Nathalie Wüthrich, 12/03/2026

Iconographie

Discours prononcé par Suzette Grimm, le 13 septembre 1964 à Delémont, alors que l'Association féminine pour la défense du Jura participe pour la première fois à la Fête du peuple jurassien. Cet événement signe la première prise de parole d'une femme à la tribune de la manifestation.

Suggestion de citation

Philippe Hebeisen, Luc Vallat et Nathalie Wüthrich, «Femmes en francophonie», Dictionnaire du Jura (DIJU), https://www.dictionnaire-du-jura.ch/f/notices/detail/1004067-femmes-en-francophonie, consulté le 01/04/2026.

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