Née le 17 octobre 1755 à Hambourg. Décédée le 6 mars 1806 à Strasbourg. Membre de la famille bourgeoise Ochs de Bâle1. Fille d'Albrecht Ochs (1716-1780) et de Marie Louise His (1732-1776), mariés en 1749. Sœur de Pierre Ochs (1752-1821). Epouse Philippe Frédéric de Dietrich (1748-1793) en 1772, mariage dont sont issus quatre enfants.
D. et son frère grandissent dans un environnement artistique et intellectuel à Hambourg puis à Bâle2, où ils reçoivent une éducation humaniste. Elle développe très tôt un intérêt personnel pour les idées des Lumières et les enjeux sociaux.
Le mariage entre D. et Philippe Frédéric de Dietrich (1748-1793) est arrangé. Après les fiançailles en 1770, ils s'unissent en 1772. Le couple s`installe à Strasbourg. Leur premier fils, Jean Albert Frédéric, naît le 31 août 1773. Il est suivi par Pierre Louis Jean, né le 8 janvier 1775, et Gustave Albert, né le 21 juillet 1776. La mère de D. meurt quelques semaines seulement après la naissance de ce dernier. Le quatrième fils des Dietrich, Georges Gabriel Paul Émile3, voit le jour le 29 mai 1792.
Issu d'une famille d'industriels dans les mines de fer, Philippe Frédéric de Dietrich étudie la géologie, les mines et la métallurgie. Il vit et travaille ensuite à Paris, poursuit une activité scientifique et devient commissaire royal aux mines. D. le suit avec leurs enfants en 1778 et y établit un salon, lieu de rencontre de différentes figures de la société savante et aristocratique. Dans les années qui suivent, D. fait face à plusieurs tragédies : son fils Pierre Louis Jean meurt le 21 mars 1780, puis peu de temps après son père Albert Ochs décède, tout comme sa grand-mère maternelle Sybille Ochs-Faesch. L’aïeule Louise Madeleine His disparaît quant à elle en 1786.
D’une santé fragile, D. doit régulièrement faire face à la maladie. C’est pourquoi son mari, commissaire royal, se rend seul à Strasbourg en 1789. Après la prise de Bastille le 14 juillet, D. et ses enfants s’enfuient chez son frère Pierre Ochs et sa femme à Bâle. Elle s'installe à Rothau en novembre 1789 et, comme à Paris, fréquente les salons.
Le 19 juillet 1789, la mairie strasbourgeoise est prise, mais Philippe Frédéric contient la révolte et devient maire de la ville en 1790. Claude Joseph Rouget de Lisle compose sur son ordre une chanson pour l’armée, intitulée Chant de guerre pour l’armée du Rhin, et la présente le 26 avril 1792. D. en a peut-être réalisé une orchestration. La chanson devient bientôt connue sous le nom de la Marseillaise.
En 1792, la Terreur conduit les Dietrich en prison. D. est libérée après plusieurs transferts, mais son mari est incarcéré à Paris, à l’Abbaye, où il est guillotiné le 29 décembre 1793. Les biens de la famille sont confisqués durant cette période. Si certains biens peuvent être récupérés par la suite, les moyens financiers permettant d'assurer la vie quotidienne, de maintenir une présence en société – notamment dans les salons – et d'entretenir les propriétés alsaciennes font cruellement défaut. D. et ses fils – surtout l'aîné – contractent des dettes considérables, aussi pour sauver et développer les forges de fer en Alsace. En même temps, Gustave Albert, qui se lance dans une carrière militaire, devient père d'une fille illégitime, Emilie, que D. recueille.
D. trouve un nouvel amour auprès d'Etienne Tardif, comte de Bordesoulle (1771-1837) pendant quelques années (1796-1800), mais la famille Dietrich l'empêche d'épouser l'officier. En outre, ses trois fils meurent dans les années qui suivent : Paul Émile le 16 octobre 1799, Gustave Albert le 22 décembre 1800 et Jean Albert Frédéric le 3 février 1806. D’une santé très fragile, D. décède le 6 mars 18064.
Notes
- ↑ Originaire de Freudenstadt (Bade-Wurtemberg, D), Hans Georg Ochs (1614-1680) devient bourgeois de Bâle en 1643. Sa mère, Marie Louise, est issue d’une famille huguenote de Rouen, bien que son père Pierre His s’installe à Hambourg en 1685 et fonde la société de négoce His, qui fait faillite en 1781.
- ↑ Albert Ochs achète le Holsteinerhof à Bâle, où la famille s`installe en 1769.
- ↑ Hommage à George Washington, Honoré-Gabriel Riqueti de Mirabeau, Marie Joseph Paul Yves Roch Gilbert du Motier LaFayette et Jean-Jacques Rousseau (Le prénom Émile renvoie au personnage central de plusieurs textes de Rousseau).
- ↑ L’héritage de la famille Dietrich se poursuit avec Amélie, née de Berckheim (1776–1855), veuve de « Fritz » (Jean Frédéric), qui transforme les forges en société Veuve de Dietrich et fils en 1827.
Auteur·trice du texte original: Nathalie Wüthrich, 11/08/2025
Bibliographie
Littérature
- Bettina Eichin , « Zwischen Marseillaise und Entsagung. Eine Baslerin auf dem Pfad der Aufklärung » ; in Projekt Schweiz. Vierundvierzig Porträts aus Leidenschaft (2021), S. 150-162.
- Eduard His, Chronik der Familie Ochs, genannt His, Basel: Schwabe (1943), pp. 155-174, 177-227, 230, 236ff.
- Élisabeth Messmer-Hitze , Sybille de Dietrich. Une femme des Lumières en quête de liberté, Strassbourg: La Nuée Bleue (2018).
Sources en ligne
- Claude Betzinger, « La Marseillaise, de Strasbourg à Paris, via Montpellier et Marseille », Revue d’Alsace [En ligne], 148 | 2022 (mis en ligne le 1er décembre 2023 ; consulté le 5 août 2025).
- Daniel Fischer, « Le parcours de sécularité d’un protestant au siècle des Lumières : Philippe Frédéric de Dietrich (1748-1793) », Revue d’Alsace [En ligne], 143 | 2017, mis en ligne le 01 septembre 2019 (consulté le 5 août 2025).
- Claude Guillon, « Joséphine de Beauharnais reçue maçonne à Lyon, en septembre 1790 (inédit) » (mise en ligne 13 février 2013 ; consulté le 5 août 2025).
- Sarah Jenner, « Chronologie und Zeitgeschichte »; Blog: Peter Ochs und seine Zeit (s. d.) (consulté le 5 août 2025).
Suggestion de citation
Nathalie Wüthrich, «Dietrich, Sybille de (1755-1806)», Dictionnaire du Jura (DIJU), https://www.dictionnaire-du-jura.ch/f/notices/detail/1004039-dietrich-sybille-de, consulté le 02/04/2026.


